Nymphes

La belle Aréthuse…
Les numismates s’accordent à reconnaître que les plus belles monnaies de tous les temps sont probablement  les monnaies Grecques de Syracuse, et parmi celles-ci,  les superbes décadrachmes d’ Aréthuse.
Aréthuse vivait en Grèce, c’était une très belle jeune fille, chasseresse, disciple de la déesse Artémis. Comme elle, elle éprouvait une aversion pour les hommes, et comme elle, elle aimait avec passion la vie libre en forêt et à la chasse. Un jour, lasse d’avoir poursuivi un gibier, elle décida de se baigner, nue, dans un clair ruisseau, ombragé de saules. Alors qu’elle nageait avec délices, une agitation venue des profondeurs, la terrorisa et la chassa de la rivière. Elle entendit alors une forte voix: « Pourquoi tant de hâte, ma belle? »  Effrayée, elle courut aussi vite qu’elle put se réfugier dans les grands bois. Elle se sentit poursuivie, et se lança dans une course à l’issue incertaine. C’était Alphée, le dieu de la rivière, qu’elle avait réveillé, et que le désir lançait dans cette poursuite.
Elle ne pensait qu’à lui échapper, mais encore lasse de sa journée de chasse elle perdait du terrain. Epuisée elle implora Artémis sa déesse favorite de lui venir en aide, et ce ne fut pas en vain. Artémis la changea en fontaine, puis fendit la terre de telle sorte qu’un profond tunnel qui passait sous la mer lui permit de rejoindre la lointaine Sicile. Aréthuse y plongea pour ressortir sur l’ile d’Ortygie, tout près de Syracuse.
La légende nous dit que fou de douleur de perdre sa proie, le dieu fleuve Alphée plongea à sa suite, et que ses eaux aujourd’hui encore vont se mêler à celles de la fontaine sacrée d’Aréthuse. On assure aussi, qu’une fleur jetée en Grèce dans l’Alphée, réapparaîtra toujours dans le puits d’Aréthuse en Sicile.
Il fallait une belle légende pour inspirer, avec autant de réussite, les graveurs de talent qui réaliseront ces si beaux portraits d’Aréthuse. C’est sous le règne de Dyonisos, tyran* de Syracuse, qu’apparurent ces superbes monnaies, gravées par Kimon et Euainétos, dont les noms figurent sur ces monnaies et qui restent imprimés dans l’histoire de la numismatique 2400 ans plus tard.

*le terme de tyran s’appliquait alors à celui qui avait pris possession du pouvoir

Athéna la guerrière
Athéna chez les Grecs (Minerve chez les Romains) est la déesse de la cité de la sagesse et de la guerre. Elle porte le bouclier à tête de méduse, et la peau de chèvre. Elle est la fille aînée et préférée de Zeus, mais sa naissance fut mouvementée!
Zeus avait décidé d’instaurer un nouvel ordre Olympien. Bien avant d’épouser Héra, il s’était pris de passion et s’était marié avec sa cousine Métis, nymphe d’une remarquable beauté. Les augures prédirent alors que l’enfant qui naîtrait de leur union détrônerait son père. Zeus qui n’était pas partageur décida qu’il mangerait ce dangereux rejeton! Puis après mûre réflexion il pensa qu’il serait préférable de manger la mère avant la naissance de l’enfant. Ce qu’il fit.
Au bout de trois semaines, il fit venir son fils Vulcain, et lui demanda de le guérir d’un terrible mal de tête. Ce dernier lui assena un grand coup de massue et lui fendit le crâne. Il en surgit aussitôt une déesse habillée d’une armure et casquée, qui hurlait un cri de guerre! Ainsi naquit ATHENA, déesse de la guerre.
Alors que la future Athènes cherchait un Dieu protecteur, les candidats se bousculaient pour obtenir la place. Deux seulement restèrent en lice: Poséidon qui offrit un cheval à la ville, et Athéna qui offrit un olivier. L’olivier remporta les suffrages, puisqu’il offrait une huile et des fruits délicieux, ainsi qu’une ombre salutaire. Il permettait aux hommes de vivre. Ce fut donc Athéna qui devint la protectrice de la ville, et qui lui donna son nom.
L’olivier devint donc l’arbre consacré à Athéna. Homère qualifia Athena de « glaukopis » que certains traduiront par « qui a l’œil brillant » , c’est une possible raison qui fit que l’animal qui lui fut consacré est la chouette. Vous remarquerez sur les monnaies d’Athènes, la présence de la branche d’olivier et de la chouette. L’olivier devint donc l’arbre consacré à Athéna. Homère qualifia Athena de « glaukopis » que certains traduiront par « qui a l’oeil brillant » , c’est une possible raison qui fit que l’animal qui lui fut consacré est la chouette. Vous remarquerez sur les monnaies d’Athènes, la présence de la branche d’olivier et de la chouette.
Pour honorer Athéna, et sur commande de Périklès, le sculpteur Phidias qui dirigeait les travaux du Parthénon, réalisa une statue de plus de vingt mètres de hauteur, entièrement faire d’ivoire et de bronze (la chryséléphantine). Elle s’élevait sur l’Acropole devant le Parthénon, elle pouvait ainsi étendre son regard et sa protection sur toute la ville qu’elle dominait
La numismatique Grecque n’est pas avare des portraits d’Athena, on la rencontre très fréquemment sur les monnaies d’argent, d’Athènes bien sûr, mais aussi sur beaucoup de monnaies de toutes ces villes, en perpétuelles guerres de voisinage, et qui se plaçaient sous la protection de la déesse de la guerre. En Macédoine, dans le Péloponnèse, en Thrace en Sicile, en Egypte, en Italie en Asie Mineure, on la retrouve partout, figure emblématique de la monnaie Grecque, souvent associée à Niké la victorieuse.

Héra
Héra est certainement la plus haut placée dans la hiérarchie des déesses grecques. Elle était à la fois la sœur et l’épouse du grand ZEUS, les dieux Grecs avaient alors de bien étranges manières, mais le pouvoir, comme aujourd’hui, était déjà une histoire de famille.
Comme Zeus, elle était la fille des Titans Saturne et Cybèle, descendants directs de Gaïa (la terre) et Ouranos, (le ciel). Par son frère de mari, dieu des dieux, Héra est donc la reine de l’Olympe, elle siège à ses cotés sur un trône d’or. Elle est d’une très grande beauté. Pour la conserver et plaire à son auguste époux, une fois l’an elle entretiendra sa jeunesse à la fontaine de jouvence.
Malgré ses nombreux atouts, elle devra surveiller de très près son volage et séducteur de mari, qui de son coté, se fait un devoir de poursuivre de ses assiduités tout ce qui porte jupon parmi le personnel féminin de l’Olympe. Nymphes, Prêtresses ou Déesses. Héra lui donnera deux fils: Vulcain dieu du feu et des forgerons, et Mars dieu de la guerre.
Les multiples aventures amoureuses de Zeus la rendront d’une jalousie féroce! Ses colères hors mesure
feront vibrer les monts de l’Olympe, et les orages, les éclairs et les fracas de foudre seront attribués à son caractère irascible. Déméter, Io, Métis et bien d’autres subiront ses cuisantes représailles. Le temple d’Héra s’élève sur l’île de Samos, et il est protégé par le paon, oiseau qui lui est consacré. Etrangement, Héra est assez peu présente sur les monnaies Grecques. Toutefois, si la représentation de son image n’a pas l’attrait des monnaies d’Aréthuse à Syracuse, c’est la sérénité et la majesté qui se dégagent de son portrait, et qui confirment qu’elle est bien la première des déesses.     Héra épouse de Zeus chez les Grecs, c’est Junon épouse de Jupiter chez les Romains

VoluptueuseTanit
Tanit est le nom grec de la déesse phénicienne Astarté, si certains archéologues les différencient d’autres sont persuadés qu’elles ne font qu’un. Les recherches archéologiques la font apparaître environ quinze siècles avant notre ère. Sa région natale: l’est méditerranéen qui s’étend jusqu’à Babylone et en Syrie. Son culte et son influence atteignent principalement la Crète et la région de Byblos, mais bien vite elle a suivi le flux des invasions et on la retrouve très présente tout au long des annexions phéniciennes, en Tunisie ou fut créée la ville d’Utique, en Espagne ou ils fondèrent le ville de Cadix, en Sicile et surtout à Carthage, nouvelle capitale des Phéniciens, où ses emblèmes sont gravés sur de nombreux temples et nécropoles.
Guerrière, elle est souvent représentée à cheval, son premier attribut. Elle est à la fois la déesse de la protection des soldats et la protectrice des morts,
Elle est aussi la déesse de la fécondité et de la reproduction (donc à l’époque: de la prostitution sacrée). Ses temples placés en hauteur des bords de mer se repéraient facilement par les marins. Quelques frontons gardent encore au dessus de la porte principale l’inscription « ERUC » qui ne laisse aucun doute sur leur identification. Astarté est devenue pour beaucoup la déesse de la volupté et des plaisirs charnels débridés. Les courtisanes étaient des prêtresses qui n’exerçaient leurs pratiques qu’à l’intérieur de l’enceinte sacrée, et dans le seul but de régénérer la puissance de la Déesse, et dans l’espoir de garantir le renouveau de la culture et l’accroissement du cheptel.
Cette pratique au culte de Tanit, d’inspiration religieuse a amené les excès qui ont favorisé la décadence morale, annonce du déclin d’une civilisation.

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